Brigitte Goldberg, première candidate transsexuelleà la présidentielle, présente son programme à L'Égide

    mercredi 07.09.2011, 05:15 - La Voix du Nord

Brigitte Goldberg est la première candidate transsexuelle à se présenter à l'élection présidentielle.

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Une société dans laquelle transsexuels ou homosexuels pourraient se marier ou adopter ...

comme tout un chacun, Brigitte Goldberg, la présidente du collectif LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) en rêve depuis bien longtemps.

Et c'est en pesant sur la prochaine présidentielle que la candidate du parti Avenir 2012 entend faire bouger la société, comme elle l'a expliqué hier soir aux différentes associations Lesbiennes, gays, bi et trans réunies à L'Égide. « En 1979, j'avais rencontré plusieurs écologistes au sein d'une petite association parisienne. C'est en se constituant sous forme de parti politique qu'ils ont réussi à se faire entendre au fil des années », explique la première candidate transsexuelle à la présidentielle.

Elle a plus précisément un déclic en mai 2010. « On venait de négocier une circulaire pour faciliter le changement d'état civil auprès du ministère de la Justice. Là, je me suis dit, mince, maintenant il ne va plus rien se passer sur tous les autres volets jusque 2012 ? » La présidente du collectif Trans-Europe lance alors le parti Avenir 2012, situé au centre gauche de l'échiquier politique.

Son ambition n'est pas tant de représenter la communauté LGBT que de porter ses valeurs de tolérance et de respect auprès des partis. « Si je parviens à aller au second tour, c'est sûr que j'organiserai une énorme fête. Mais l'idée n'est pas là. Il s'agit plutôt de créer une prise de conscience auprès de la communauté pour apparaître dans les sondages et les intentions de vote. Si on arrive à représenter par exemple 5 % dans les sondages d'ici la fin de l'année, on représentera un électorat. Le téléphone devrait alors se mettre à sonner. »

Programme politique

Pas question pour autant de se transformer en « marchande de tapis » : « Si négociation il y a, ce sera avec les socialistes ou les écologistes sur des engagements précis, avec des réformes et un calendrier précis une fois que la primaire sera finie », poursuit-elle. Adoption et mariage par des personnes de même sexe, possibilité de recourir à des mères porteuses dans des contextes précis ou l'amélioration du suivi médical et juridique des personnes transsexuelles...

Au-delà du programme politique en dix-huit points qu'elle a préparé avec une cinquantaine de personnes issues de la société civile, ces quatre thématiques lui tiennent particulièrement à coeur. « Découvrir dans les années 70 qu'on a un corps de garçon alors qu'on se sent viscéralement une fille dans sa tête, ça n'a pas été facile. » Ce n'est d'ailleurs qu'en 2007, à 46 ans, qu'elle franchit le cap de l'opération et cesse de s'appeler Stéphane. « Il m'a fallu plus de cinq ans pour pouvoir réaliser cette opération en France. On manque cruellement de personnels formés », déplore la candidate. •

C. BO.

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